IV
Certains soirs, mes souvenirs me ramènent à ces adieux où nous avions prêté serment au Créateur de ne jamais faillir à notre mission durant la période de notre enfance sur terre, car après, -a-t-il dit- les choses se gâtent et le chardon commence à proliférer dans les massifs de roses.
Ses recommandations résonnent encore dans ma mémoire, ouvrant mes yeux, chaque jour plus grands, notamment, après avoir surpris des pousses étrangères envahir mon jardin, tels ces conquérants qui laissent sur les sols occupés, ravages et désolation. Je n’allais tout de même pas commettre la même erreur que le Petit Prince, qui, avide de découvertes a abandonné sa rose à la convoitise des mauvaises herbes. J’étais responsable de mon jardin.
« Etoiles magiciennes – avait-il ajouté – que votre aventure soit semblable à ces missionnaires qui s’en vont dans les coins les plus déshérités de la planète pour planter l’espoir et réinventer des enfants heureux.
Je vous confie un chantier délabré, saccagé par l’insouciance des hommes. Pour le ranimer, emportez les empreintes du premier souffle de la création, elles vous serviront de modèles pour créer des âmes vivantes, à partir d’une matière brute ». |